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La responsabilité dans le contexte du monde du travail

jeudi 18 août 2005, Francis Mathieu



« La responsabilité dans le contexte du monde du travail » Cephi Samuel Rouvillois 23 février 2004

La responsabilité permet de rentrer dans les questions d’éthique de toutes sortes. Ethique de l’entreprise Elle met en évidence les mutations de points de repères perceptibles lors des :
-   Décisions
-   Interface vie familiale / vie professionnelle La responsabilité est perçue très différemment selon les générations. Il y a une rupture entre les moins de 24 ans et les plus de 45.

La responsabilité permet de retrouver la pertinence. Elle est la forme concrète sous laquelle se forme la question de l’éthique dans l’entreprise. Elle pose la question de l’homme engagé dans l’entreprise.

On peut distinguer deux temps dans la philosophie : La philosophie pratique, quasi phénoménologique, intelligence de la réceptivité. Purification progressive de ce qu’apporte l’intelligence. On reste au niveau d’une intelligence prudentielle. Intelligence Empirico émotionnelle. Puis, dans un deuxième temps la philosophie spéculative. Ce que sont les choses pour l’humain, en prenant du recul. Le risque c’est de gommer la première phase et de se précipiter sur la philosophie spéculative. La responsabilité ne fait pas réfléchir spéculativement. C’est une question pratique. Elle engage ma personne vis-à-vis d’autrui, avec prudence dans un contexte pratique. Elle permet de répondre à la question : comment je prends les choses ? Elle permet d’aborder au « raz du réel » la problématique de l’engagement humain.

Cette problématique est importante car aujourd’hui on est totalement perdu. Vertu morale ? Fonctionnement collectif ? Contact ? Organisation du travail et de la coopération ?

Le tout dans un contexte marqué par la confusion entre responsabilité et culpabilité. La forme concrète que cela prend : cela a-t-il un sens aujourd’hui d’être responsable de quelque chose ? Sans doute une question clé car on n’a pas les idées claires du tout. La responsabilité regarde-t-elle seulement le dirigeant ? Elle concerne chacun de ceux qui travaillent dans la dimension personnelle, dans la coopération et dans l’objet de l’engagement. Elle apparaît également dans la césure entre vie professionnelle et vie familiale. Enfin, elle touche à la coopération et à l’objet même du travail.

La responsabilité au cœur de la question de prudence, ouvre à la sagesse.

Quelques idées en vrac sur la responsabilité : Nous sommes dans la confusion car notre triple héritage est remis en question :

Héritage idéaliste Héritage moral qui vient du XVII XVIIIe siècle. Naît juridiquement ou sur le terrain de la morale. Avant on parlait d’autonomie, de sagesse de prudence. Etre responsable c’est la grande affaire humaine. Grave mais tragique. Tout se joue autour de la liberté. A partir du XIV XVe la liberté religieuse risque plutôt de tourner au pire. Du XIV au XIX, moralisation de la responsabilité et affirmation de quelque chose dont on est soi même maître. C’est moi qui suis responsabilité de moi-même et je n’ai à en rendre compte qu’à moi-même. L’instance de culpabilisation est transférée de Dieu à moi. Cela conduit à une survalorisation totalement excessive de la responsabilité. On est dans une mythologie de la responsabilité : mythologie de la morale, dévoué, j’assume, ... . Cette survalorisation perdure dans l’entreprise. Le Taoisme permet de relativiser : philosophie du non agir

Le philosophe doit repérer les pathologies mentales dans lesquelles la société s’installe. Dépister les idiosyncrasies, les parti-pris affectifs. Réconcilier la compréhension des choses avec leur usage efficace.

Héritage rationaliste Cette héritage appliqué à la responsabilité donne lieu à la législation. Volonté de rendre une action humaine transparente. Derrière cela la volonté de réduire la décision à un processus rationnel. Vient du Moyen-Age : religion philo droit. Rêve que l’on va pouvoir réduire les problèmes de responsabilité à un mécanisme. C’est l’anti-créativité de la responsabilité.

Héritage Rural Les paysans n’existent plus. Ils sont devenus des exploitants agricoles. Pour la première fois, l’humanité sort de la ruralité, du référentiel naturel. La responsabilité dans la ruralité : le pragmatisme. C’est le résultat qui valide la responsabilité. La responsabilité est moins importante que l’efficacité. Bon sens rural.

Aujourd’hui ces trois héritages sont battus en brèche :

Contexte économique : Plus, plus vite et mieux, tous les jours. Plus imprévisible, moins compréhensible et plus interdépendant. (émergence de la complexité). Conséquence : la responsabilité est de plus en plus difficile à exercer.

Non prévisibilité et inefficacité des grandes valeurs, des grands idéaux : Les grands idéaux sont réduits à la sphère privée. Y compris la religion. Le consensus social n’est plus de la morale, c’est du fonctionnement. Perte de crédibilité de la morale des valeurs. L’intelligence actuelle : réactive, interactive, adaptative, pragmatique, qui ne croit à rien de durable. (à des année-lumières de la ruralité, rationalité, romantisme). Impossible de faire le point, le sextant ne fonctionne plus. Les étoiles bougent trop. Clin d’œil à Roland Barthes : évolution du champ sémantique de l’étoile : Star academy, Star Système, STARt-up,...

Quatre étapes afin de prendre conscience de la question éthique dans le monde du travail. Tentative d’un engagement véritablement humain. Dans le contexte décrit précédemment, c’est toute la responsabilité éthique qui est remise en question. Il n’y a plus de travail stable. Le travail est devenu la variable, la résultante. C’est ce qui le rend intéressant. Il manifeste les changements du monde.

1) consentir, faire droit au fait que l’être précède le faire. L’être est inefficace. C’est ce sans quoi il n’y a rien. Prendre conscience de ce qui est avant de faire quelque chose, c’est consentir. Contempler les choses telles qu’elles sont : recherche de la vérité Accepter les choses telles qu’elles sont : éthique. La relation interpersonnelle de confiance est une condition à l’identification de ce qu’EST l’autre et par suite à sa compréhension. Je ne comprends les choses telles qu’elles sont que si j’y consens. Ecouter ce que me dit le réel de la décision éventuelle à prendre.

Aujourd’hui, la créativité pour un manager commence par le courage de regarder les choses telles quelles sont. C’est vrai à l’extérieur et à l’intérieur de moi-même : poids des schèmes, de l’exemplarité de ce que j’ai vu ailleurs. La première responsabilité c’est donc d’apprendre à connaître. Toute décision doit être prise à partir d’une conscience vraie qui prend le temps de consentir à ce qu’est le réel.

Chez ceux qui regardent : de plus en plus d’humilité ; commencement de l’écoute, développe l’empathie, la sagesse

Note : le consentement est ce que le Père MD Philippe appelle jugement d’existence.

2) Etre responsable de quelque chose La responsabilité à partir de quelque chose fait partie de l’activité du facere. Le travail génère la responsabilité car il sous-(en)tend la compréhension de ce que je fais. Le travail n’est pas une affaire de volonté mais d’intelligence. Favoriser la compréhension, l’appropriation par la compréhension, c’est différent de motiver par la volonté (stock-option). La compréhension suscite la joie et donc la motivation. Vrai jusque dans l’erreur ; quand je prends conscience de l’erreur et que je la comprends je cherche à m’en sortir. Comprendre, c’est prendre en compte et prendre en main. C’est ma manière de prendre en main. L’intelligence que j’ai des choses désigne l’angle de la responsabilité que j’ai. Situer la responsabilité à ce niveau dans l’entreprise : chacun doit comprendre ce qu’il fait. Le métier recouvre l’intelligence de ce que je fais. C’est quoi votre métier (pour le dirigeant)

Si vous ne comprenez pas, vous êtes aliéné : étranger à ce que je fais (sens étymologique) Eveil de la responsabilité à l’égard des personnes sous l’angle du travail. Artisans arrivent à prendre en main certains apprentis (ceux qui n’ont pas besoin d’un rapport éthique fort). Dans le travail on est responsable, dans une certaine mesure, de la personne avec laquelle on travaille. C’est un apprentissage de la personne.

La responsabilité à l’égard des choses n’est pas assez valorisée. Car on est dans une intelligence de l’utilisation, et non de la créativité. L’école apprend à se servir des choses. (se servir pour finalement servir soi-même). La créativité développant la responsabilité. Réhabiliter le fait que le travail est un face-à-face entre le monde et moi avant de rentrer dans un rapport d’utilité.

3) Etre responsable de l’autre Quand je travaille, je me positionne par ce que je fais. Ce n’est pas pareil de fabriquer des bombes ou de la péniciline. En travaillant, s’amorce une responsabilité à l’égard de moi-même. Il y a un seuil de nature par la responsabilité de l’autre. Elle est réciproque. L’autre doit se sentir responsable de moi, car toute relation interpersonnelle implique une réciprocité et une volonté de coopération. (Un homme de 1 an se positionne. Jamais un animal qui est dans l’interaction pure. Le non lieu de la responsabilité chez l’enfant. Pourquoi les enfants s’affirment-il par le non plutôt que par la coopération ?)

La responsabilité : je m’engage envers l’autre ET je le laisser veiller sur moi. Je ne me donne pas, si je ne laisse pas l’autre veiller sur moi. La compréhension de soi augmente lorsqu’on laisse l’autre veiller sur soi. Décentrement de soi, intentionnellement rapide mais effectivement lent. Se laisser aimer cela n’est pas évident. Cela revient à accepter que l’autre soit responsable de moi. On n’est jamais responsable de l’autre seul. Accepter la dépendance réciproque. Prise en garde mutuelle. Il y a une analogie à la responsabilité / choses.

L’entreprise est humaine si elle laisse émerger des responsabilités interpersonnelles humaines vraies.

La coresponsabilité au sens large Que donne le rapport précédent développé à l’échelle du groupe ? La coresponsabilité fonde la communauté plus que le projet commun. Choisir d’être ensemble avant de choisir de faire ensemble. Différence entre les amis et les copains. Les amis sont ceux qui nous suivent lorsque l’on a cassé l’ambiance.

Le choix d’être ensemble. Choisir d’être ensemble implique la formulation d’une intention commune. Adhésion citoyenne. L’intention que chacun a dans le fait qu’il a de vivre avec les autres est plus importante que la finalité poursuivie. Mettre les finalités humaines en avant. Il existe une formule qui définit aux USA le propos commun. En France le propos commun c’est l’existence de la république. La république française est finalisée par elle-même.

4) la fragilité, la question du XXIème siècle La responsabilité est tellement difficile à prendre qu’elle réclame une prise en compte positive de la fragilité dans laquelle sont les personnes. De toutes façons celui qui est responsable est fragilisé par la prise de responsabilité. La fragilité, la part inachevée, ce qui n’est pas joué, ce qui est en puissance. Cette part là ne pourra se développer qu’adossé à autrui. Caractéristique existencielle de la personne humaine. Certains philosophes l’appellent la contingence, la finitude, la mortalité. C’est ultimement ce qui est en jeu dans la responsabilité à l’égard d’autrui. Accepter de vivre fragilement la responsabilité. Quitter le mythe du surhomme. De celui qui assume tout.

Distinguer comportement et attitude Comportement ce qui se voit Attitude : ce qui anime le comportement. L’intention commune ce sont les attitudes que l’on cherche à vivre ensemble.

Le sage c’est celui qui n’a plus peur de sa fragilité. Le Saint vit sa précarité (ie les échecs de sa fragilité). Il en ressort plus lui-même. La fragilité ne s’expose pas. J’accepte qu’elle soit visible pour ceux qui sont responsables de moi. On ne découvre sa fragilité que dans un contexte interpersonnel. La faiblesse, je la connais, car c’est l’inintelligence de la fragilité. Développer une intelligence de la fragilité c’est être pile dans l’humain. Péchés majeurs de l’occident : renoncer à chercher la vérité et manquer de courage. « Avoir le courage d’avoir peur » : Père Molinié

Confiance Consentement (plus on comprend les choses telles qu’elles sont moins on a peur) Capacité à faire quelque chose Relation à l’autre La confiance ne s’instaure pas.

Je peux faire confiance à quelqu’un qui prend en charge ma fragilité.

Pouvez vous me justifier votre échelle des salaires ? Michel Bon a essayé de passer de 1 à 4. Qu’est ce qui légitime de dire j’ai plus de responsabilités que toi ? Ce serait plutôt sur un niveau de compétence que l’on pourrait évaluer un salaire, pas sur la responsabilité. Une des grandes questions posées au capitaliste : l’initiateur de l’action est il le propriétaire des dividendes ?

Compétences : 2 niveaux de compétences, technique et humaine (prise en compte de la prudence) évaluation qualitative.

Avoir des amis : des gens qui ont le courage de vous dire la vérité. Un ami impertinent. Accepter le délogeur. Amitiés affectives : attention à ne pas mourir d’étouffement ensemble. Synergies affectives mais engagement intellectuel. La confiance implique l’affrontement. Je pense que tu te plantes mais je ne te lâche pas.

Pragmatisme sans réflexion ou idéologie sans intelligence. L’intime conviction ne suffit plus. Il faut une formation éthique. Etre juge c’est être créatif dans l’intelligence des choses. Discernement éthique. Se fait dans l’écoute pratique des choses. Lorsqu’on écoute on manipule mieux. L’intelligence est nécessaire mais elle réclame consentement et orientation vers le bien. Le consentement met dans l’humilité.

L’intention commune se formule. Etre lucide, sur la durée, aux mécanismes qui font que cela continue. L’éthique, ce n’est pas réussir, c’est essayer tout le temps. Incarnation : peut marcher au niveau personnel. Vient heurter de plein fouet le rationalisme et l’idéalisme et le romantisme. L’évangile a pris l’empire Romain de front et a noyauté le système. Noyauter le système et s’entraider.

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